Inauguration publique de la collection de plantes du jardin d’inspiration médiévale - Abbaye de Royaumont (Asnières/s/Oise) - Samedi 29 juin 2013 de 14h à 18h

Abbaye de Royaumont - Jardin des neuf carrés.
Source d'humilité, le jardin monastique est aussi utilitaire.

Le jardin des neuf carrés, jardin d’inspiration médiévale

 

Créé en 2004, le jardin des neuf carrés, jardin d’inspiration médiévale,

a été imaginé par les paysagistes Olivier Damée et Edith Vallet. Il ne s’agit pas de la reconstitution d’un jardin cistercien à Royaumont dont aucune trace n’est attestée. Regroupant les connaissances connues sur les jardins médiévaux, le paysagiste Olivier Damée a dessiné neuf carrés de culture rehaussés de plessis de châtaignier. Autour de cet espace central se répartissent une table du savoir, un jardin des pieds-mères et un petit verger, tandis qu’une vigne s’appuie sur le pignon du réfectoire.

 

Le paysagiste a ensuite choisi d’enrichir l’ensemble d’éléments d’ornementation : haie d’osier vivant tressé, pergola… Ce jardin est un espace vivant et évolutif, conçu comme un laboratoire d’observation des plantes qui accueille des expositions végétales temporaires.

 

Renouvelé tous les 3 ans, le jardin a déjà accueilli 3 collections de plantes qui explorent chaque fois un aspect du rapport complexe de l’homme avec la nature au Moyen Âge, comme à l’époque moderne. Après les plantes médicinales d'Hildegarde de Bingen en 2004, les plantes de couleur en 2007 et les plantes magiques en 2010, la 4ème collection du jardin des neuf carrés s’articulera autour du thème des plantes symboliques.

Abbaye de Royaumont - Jardin des neuf carrés.
Abbaye de Royaumont - Jardin des neuf carrés.

La nouvelle collection 2013, « Plantes symboliques : signes et emblèmes »

 

Les plantes révèleraient aux hommes la compréhension de l’univers.

 

Au Moyen Âge, en territoire chrétien, l’être humain cherche dans la nature, au sein de laquelle il vit et qu’il conçoit comme une création divine, la clef des mystères qui l’entourent.

 

Ainsi voit-il dans la forme même du végétal la révélation de ses vertus thérapeutiques : la pulmonaire en est un exemple, elle dont les feuilles lobées évoquent les poumons humains, pour lesquels elle serait un remède ; la vipérine soignerait quant à elle les morsures de serpent, ses fleurs ressemblant à celle de l’animal…

 

On donne également aux plantes des vertus symboliques, dont elles deviennent l’emblème : comme le lierre exprimant l’attachement et la fidélité, l’acanthe et ses piquants, les épreuves de la vie et la mort…

 

Souvent appliquées à la religion, leurs formes ou leurs propriétés en font des emblèmes religieux, tels le fraisier ou le trèfle qui, par leur forme trilobée, ne manquent pas de rappeler la Trinité.

 

Enfin, aujourd’hui, on trouve toujours vivante la symbolique des plantes, qui, au fil du temps, s’est intégrée à la culture pour devenir un véritable système de représentation. Telle la rose, symbole d’abord de la passion du Christ, devenue emblème de la passion humaine, le lys, symbole de pureté, utilisé encore comme représentation de la royauté et du pouvoir divin ou encore la pomme, dont la seule évocation rappelle immanquablement dans la culture occidentale la tentation du péché originel…

On distingue trois catégories de symboles :

 

1. Le symbole comme signe

 

Il s’agit du premier niveau d’appropriation : c’est la forme du végétal qui forge la symbolique, par analogie. Cette catégorie concerne ce qu’on a appelé les « plantes à signature ». « Le principe de signature ou théorie de la signature est une croyance répandue en Europe, de l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle, selon laquelle la forme et l’aspect des plantes est à rapprocher de leurs propriétés thérapeutiques », article Wikipédia sur les Signatures en botanique. Il s’agit le plus souvent de plantes médicinales.

 

Exemples :

La mandragore : la forme de sa racine renvoie à la fécondité, elle est capable de vaincre la stérilité.

La bourrache : la forme de sa feuille évoque celle d’un poumon, elle est utilisée contre les maladies de la poitrine

La pariétaire : requise pour le sang du fait de ses tiges rougeâtres

 

2. Le symbole comme emblème

 

Il s’agit du second niveau d’appropriation : le symbole devient l’emblème d’un élément ou d’une notion intraduisible, souvent dans un registre religieux.

En partant de l’interprétation chrétienne de l’univers, le monde visible et invisible se retrouve lié par tout un réseau de symboles.

 

Exemples :

L’ancolie : elle est composée de cinq pétales comparables à cinq colombes, cette fleur est un symbole de l’Esprit Saint. Dans l’art, elle accompagnera notamment les scènes de l’Annonciation ou du Baptême du Christ.

Le fraisier ou le trèfle : leurs feuilles trilobées en font les symboles de la Trinité

Le chardon marie : il est aussi, comme la châtaigne, l’image de la vertu protégée par ses piquants et donc le symbole de la Vierge.

 

3. Le symbole comme système de représentation

 

Il s’agit du dernier niveau d’appropriation : par son usage répété, le symbole devient un véritable système de représentation assimilé dans la culture collective. Cela explique qu’il soit encore parfaitement compris aujourd’hui.

 

Exemples :

Le lys : symbole de pureté de par sa blancheur, il est encore aujourd’hui le symbole de la royauté de droit divin

La rose : symbole de la Passion du Christ, de par la Couronne d’épines, elle est devenue le symbole de la passion

L’œillet : symbole de l’œil de Dieu, il est maintenant utilisé comme symbole de l’amour durable.

Abbaye de Royaumont
Avenue de Royaumont
95270 Asnières sur Oise

 

Ateliers et visites exceptionnelles sans réservation sur présentation du billet d’entrée du monument  

Renseignements au 01 30 35 59 70

 

L'abbaye de Royaumont se visite tous les jours de l'année de 10h à 18h

(17h30 de novembre à février) y compris le 25 décembre et le 1er janvier.

 

Le parc et les jardins de l’Abbaye de Royaumont sont propices à la rêverie et la contemplation...

 

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