Frère Guérin, précurseur des Archives nationales

Statue de Philippe Auguste - Château de Versailles. Temple de Paris
Statue de Philippe Auguste - Château de Versailles.

 

Un événement gênant va être à l'origine de la création des archives du royaume, ancêtres lointaines des Archives nationales.

 

Nomade par la force des choses, en raison de la fragilité de son royaume, entre deux chevauchées militaires, comme les autres rois de son temps, Philippe Auguste transporte partout avec lui dans les fontes de son cheval et celles de sa suite son nécessaire "professionnel", une partie de son trésor, les archives et les actes officiels dont il a besoin et son sceau royal.

 

Le 3 juillet 1194, au pied du château de Fréteval (aujourd'hui dans le département du Loir-et-Cher), c'est la débandade. Les troupes de Richard Cœur de Lion écrasent celles du roi de France et ce dernier dépité, s'enfuit, perdant ses précieuses sacoches…

 

Moqueur et ravi d'une aussi belle journée, le roi d'Angleterre aurait lui-même détruit les documents retrouvés dans l'herbe piétinée, notamment les livrets de comptes des impôts royaux de son ennemi…

Philippus Dei gratia Francorum rex (Philippe, par la grâce de Dieu roi de France). Sceau de Philippe II Auguste, roi de France (1179-1223). Temple de Paris
Philippus Dei gratia Francorum rex (Philippe, par la grâce de Dieu roi de France). Sceau de Philippe II Auguste, roi de France (1179-1223).

Protéger les archives et le sceau royal

 

Revenu à Paris, le roi va tirer les leçons de sa déconvenue

et comprendre que les documents originaux de la couronne

ne doivent plus circuler sur de mauvais chemins.

L'idée de leur conservation et de leur protection surgit alors.

 

À partir de 1220, avec d'autres clercs de la Chambre royale, frère Guérin s'attache durant de très long mois à reconstituer les documents perdus et, inventant un système empirique, il crée ainsi une organisation rationnelle et thématique des pièces officielles du royaume.

 

Des registres sont ouverts, les décisions royales, les traités de paix, les documents de vasselage et les contrats d'hommages prêtés à la personne du même roi suzerain sont classés, répertoriés et consultables.

 

 

Dans un geste de sauvegarde, le très fidèle compagnon de Philippe Auguste lance les bases de ce qui deviendra les Archives nationales. Désormais, elles ne quittent plus Paris et trouvent une protection correspondant à leur importance, remisées dans une pièce gardée du nouveau château du Louvre. Plus tard Saint Louis les fera entreposer à la Sainte Chapelle. De même, le sceau royal ne quittera plus la capitale.

Dessin du tombeau de Guérin, évêque de Senlis, mort en 1227. Tombe monumentale autrefois adossée au mur du chevet du chœur de l'abbatiale. Collection Roger de Gaignières
Dessin du tombeau de Guérin, évêque de Senlis, mort en 1227. Tombe monumentale autrefois adossée au mur du chevet du chœur de l'abbatiale. Collection Roger de Gaignières

 

 

Guérin, appelé Frère Guérin, né à Pont-Sainte-Maxence vers 1157, et mort en 1227, est un chevalier régulier, garde des sceaux en 1201, élu évêque de Senlis en 1213, il participe à la stratégie de la victoire dans la bataille de Bouvines. Il est nommé chancelier de France en 1223.

 

En juillet 1187, frère Guérin participe à la bataille de Tibériade sous le commandement de Garnier de Naplouse. Il est à l’époque chevalier de Saint-Jean de Jérusalem (Hospitaliers).

 

Il fut inhumé en l'abbaye de Chaalis, où se voyait un tombeau avec sa statue couchée ; sa tête reposant sur un coussin supporté par deux anges ; ses pieds s’appuient sur un lion ; ses mains sont gantées, le dessus agrémenté d'ornements, sa main droite levée comme pour bénir, et l'autre tenant la crosse épiscopale.

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