Saint Louis, un vœu face à la mort

Le roi Saint Louis était revenu malade de sa campagne de 1242 contre les Anglais et leurs alliés en Poitou et en Saintonge. Il rechuta gravement en 1244 – rétrospectivement, les historiens penchent pour des crises de dysenterie, une maladie infectieuse, aiguë ou chronique du côlon.

Louis IX guérie par la Vraie Croix. Paternité - Matthew Paris. Temple de Paris
Louis IX guérie par la Vraie Croix. Paternité - Matthew Paris.

Un vœu face à la mort

 

Elle est provoquée par l'ingestion d'aliments contenant certains micro-organismes. L'inflammation des intestins qui en résulte affecte gravement le corps.

Saint Louis est donc près de mourir lorsqu'il fait un vœu : s'il en réchappe, il partira en croisade. Sa mère, Blanche de Castille,

réagit mal à l'annonce du vœu de Louis.

Outre qu'elle n'aime pas l'idée d'une longue séparation, elle sait que l'on meurt facilement en croisade – plus souvent de maladie que transpercé par une flèche…

Réaffirmation du vœu

 

Blanche de Castille et l'évêque de Paris font remarquer à Saint Louis que son vœu n'est pas valable car il l'a prononcé malade : il n'était pas en pleine possession de ses moyens. En effet, pour sa mère, le vœu n'apparaît pas comme valable. Furieux, Louis arrache la croix de son vêtement et prononce à nouveau son vœu, devant témoin et en bonne santé.

 

Le désir d'être croisé

 

Surtout, pour Saint Louis, la croisade symbolise la plus grande action possible pouvant être accomplie

par un prince chrétien. De plus, outre que Philippe Auguste avait lui aussi été un croisé, l'aristocratie française a toujours pris une part prépondérante aux expéditions en Terre sainte. De fait, les rois de Jérusalem sont Français. Pour une fois, Louis IX se refuse à se ranger du côté de sa mère.

C'est le début de la septième croisade.

 

Saint Louis au départ de la septième croisade. Tableau d'émile Signol - Château de Versailles. Temple de Paris
Saint Louis au départ de la septième croisade. Tableau d'émile Signol - Château de Versailles.

Des armes et des prières

 

Pour préparer la croisade, Saint Louis ordonne une grande campagne de purification de l'administration royale : d'un point de vue pratique, il veut apaiser le royaume avant son départ en redressant injustices et exactions.

D'un point de vue théologique, il lance une campagne de prières et de sermons accompagnée de mesures pénitentielles à l'égard des grands du royaume. Ainsi, les nobles devront se vêtir et se nourrir modestement, les tournois sont annulés, les comportements licencieux sont prohibés, les guerres privées interdites. Par ailleurs,

les pirates et tous ceux qui vendraient des armes aux sarrasins sont excommuniés. Enfin, l'usure étant un péché, Saint Louis confisque

les biens des juifs, ce qui lui permet de financer la croisade.

 

Il réunit alors une armée conséquente : près de 25 000 hommes.

On compte ainsi 7 000 à 8 000 chevaux pour 2 500 chevaliers, 25 000 valets d'armes, 10 000 fantassins, 5 000 arbalétriers. Louis IX est suivi en Terre sainte par presque toute sa famille : ses trois frères, sa femme la reine Marguerite de Provence – qui donnera d'ailleurs naissance à trois enfants durant le long séjour du roi en Orient : Jean-Tristan de France, Pierre de France et Blanche de France – le comte Raymond de Toulouse, Jean de Joinville, etc. Le roi quitte la France du port d'Aigues-Mortes, fait escale à Chypre – île chrétienne depuis sa conquête par Richard Cœur de Lion – avant de se diriger vers Damiette en mai 1249. Sa flotte se compose alors de 1800 navires.

La ville est prise le 5 juin 1249.

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