Ordre d'arrestation des templiers

Ordre d'arrestation des templiers. Temple de Paris
Ordre d'arrestation des templiers. Parchemin (2 membranes), latin et français. 90 x 25 cm. Archives nationales, J 413, n° 22.

Ordre d'arrestation des templiers

(vidimus de Pierre de Hangest, bailli de Rouen).

Abbaye de Maubuisson, 14 septembre 1307.

 

 

Le 12 octobre 1307, aux côtés de tous les grands personnages de la cour, Jacques de Molay assiste aux obsèques de Catherine de Courtenay,

l'épouse de Charles de Valois, frère du roi. Le lendemain, il est arrêté par Guillaume de Nogaret lui-même dans l'enclos du Temple de Paris.

Chevaliers, frères, sergents, domestiques sont capturés par tout le royaume. Rédigé un mois plus tôt, l'ordre d'arrestation détaillait la procédure à suivre et les crimes sur lesquels enquêter. Il en reste trois exemplaires, adressés aux baillis d'Amiens et de Rouen, et au sénéchal de Beaucaire.

 

Le prologue enflammé décrit la frayeur du roi devant les crimes supposés des templiers : "Une chose amère, une chose déplorable, une chose assurément horrible à penser, terrible à entendre, un crime détestable, un forfait exécrable, un acte abominable, une infamie affreuse, une chose tout à fait inhumaine, bien plus, étrangère à toute humanité, a, grâce au rapport de plusieurs personnes dignes de foi, retenti à nos oreilles, non sans nous frapper d'une grande stupeur et nous faire frémir d'une violente horreur".

Puis vient la liste des crimes dont on accuse "les frères de l'ordre de la chevalerie du Temple qui cachent le loup sous l'apparence de l'agneau et insultent la religion de notre foi sous l'habit de l'ordre".

 

Philippe le Bel fait mine d'avoir l'aval du pape ("après en avoir parlé avec notre très saint Père, Clément"), déclare avoir pris conseil de son église et de ses barons, et se repose sur l'enquête préalable de guillaume de Paris, inquisiteur de France. Contre ces "ennemis de Dieu, de la foi et de la nature", il n'a pas d'autre choix que l'arrestation de tous les membres de l'Ordre et la saisie de leurs biens ; il recommande l'emprisonnement et l'isolement des accusés.

On appellera ensuite "les commissaires de l'inquisiteur pour examiner la vérité avec soin, par la torture s'il en est besoin". Tout était dit.

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