Paris, cité du roi

Scène de foire. Miniature extraite du Chevalier errant de Thomas de Saluces, Paris vers 1403 - 1404 (BNF, ms.12559, f° 167). Temple de Paris
Scène de foire. Miniature extraite du Chevalier errant de Thomas de Saluces, Paris vers 1403 - 1404 (BNF, ms.12559, f° 167).

Durant le long règne de Philippe Auguste (1180-1223), Paris connaît un essor considérable. Elle devient la plus grande ville d'Europe et sa population double au tout début du XIIIe siècle. Même si le roi et ses proches voyagent d'une place forte à une autre au gré des nécessités politiques et militaires, le siège de l'État capétien s'impose comme tel pour la première fois.

 

Ville d'art, de commerce et d'artisanat, la grande cité est l'objet d'attentions particulières. De nouvelles corporations professionnelles apparaissent, le roi signe les premières chartes des métiers. Dès son sacre, il décide l'implantation de grandes halles centrales en pleine ville, le marché des Champeaux. Si le port du Landy, en bordure nord de l'île de la Cité accueille encore de nombreuses marchandises, la corporation des marchands de l'eau développe le commerce fluvial et de nouveaux ports apparaissent sur la grève de la rive droite de la Seine.

Le cimetière des Saints-Innocents, dans le quartier des Halles à Paris. Huile sur bois du XVIe siècle. Temple de Paris
Le cimetière des Saints-Innocents, dans le quartier des Halles à Paris. Huile sur bois du XVIe siècle.

L'inventeur du pavé parisien

 

Conscient de l'insalubrité et de la pestilence de sa capitale, Philippe Auguste lance un chantier de pavage de l'ensemble des rues et des ruelles, qui ne sera achevé qu'un siècle plus tard.

Il oblige les bourgeois de la ville à en financer la réalisation. Une grande muraille transforme peu à peu l'image de Paris.

Sur l'île de la Cité, la construction de la plus belle cathédrale du royaume, Notre-Dame de Paris, se poursuit. Sur la rive droite à l'ouest de la ville, se dresse la Grosse tour du château du Louvre.

 

Paris reflète la puissance royale et la gestion serrée des finances de l'État autorise de nouveaux projets.

L'hôpital de la Trinité et l'hospice Sainte-Catherine ouvrent leurs portes : la lèpre inquiète le roi et la ville de sait toujours pas s'en protéger.

 

Par respect pour la mort et dans un souci d'éradiquer le racolage permanent des prostituées dans le grand cimetière des Saints-Innocents, le roi fait ériger une muraille et entreprendre des travaux d'assainissement.

Le pape proscrit les anciennes pratiques païennes, il interdit de manière autoritaire de danser et de manger dans les grands cimetières de la chrétienté. Philippe Auguste fait appliquer ces directives et peu à peu, les mœurs changent.

 

En effet, l'Église chrétienne développe alors l'idée d'une séparation absolue entre les vivants et leurs proches disparus. La mort devient davantage redoutée et effrayante. Le pouvoir des ecclésiastiques s'en trouve renforcé. L'Église gère désormais les relations humaines et ses rituels structurent de plus en plus la vie quotidienne. Privé de prêtres et de cérémonies, le peuple de Paris se retrouverait totalement démuni, en proie à des frayeurs apocalyptiques.

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