Les aveux normands

Procès-verbaux d'interrogatoire de 7 templiers de Renneville et de Sainte-Vaubourg, de 13 templiers du baillage de Caen. 18 et 28-29 octobre 1307. Temple de Paris
Procès-verbaux d'interrogatoire de 7 templiers de Renneville et de Sainte-Vaubourg, de 13 templiers du baillage de Caen. 18 et 28-29 octobre 1307.

 

Procès-verbaux d'interrogatoire de 7 templiers

de Renneville et de Sainte-Vaubourg, de 13 templiers

du baillage de Caen.

18 et 28-29 octobre 1307.

 

 

L'interrogatoire parisien a fourni l'essentiel des informations nécessaires au dossier d'accusation de la royauté contre les templiers, du fait du nombre des accusés (138 au total)

et de la présence des dignitaires de l'Ordre. Mais il y eut bien d'autres templiers interrogés par les agents du roi, en liaison

ou non avec les délégués de l'inquisiteur de France :

49 interrogatoires subsistent pour Cahors, 6 pour Carcassonne ou Bayeux, une vingtaine pour la Normandie. Dès le 18 octobre, les hommes du roi interrogèrent ainsi cinq templiers de la commanderie de Saint-Etienne de Renneville (Eure), la plus riche des établissements normands, et deux templiers de Saint-Vaubourg, un établissement situé près de Rouen. Ils avouèrent en gros tout ce qu'on leur reprochait.

 

 

 

Samedi 28 et dimanche 29 octobre, ce fut au tour de treize templiers, emprisonnés au château de Caen, d'être questionnés. Cette fois-ci, le procès-verbal prit une forme plus officielle : "à confirmation de vérité", les quatre dominicains du couvent de Caen, délégués par l'inquisiteur, et les deux chevaliers, commissaires du roi, y apposèrent leurs sceaux, aujourd'hui disparus. En une belle unanimité, l'ensemble des prisonniers commença par nier toutes les accusations. Mais, lors d'un nouvel interrogatoire, ils procédèrent à des aveux complets. Le cas de Gui Panaye, arrêté à Louvigny (Orne) et dernier de la liste, permet de comprendre le mécanisme : "Mis à la torture le samedi en question, il n'a rien voulu avouer ; le lendemain, interrogé et examiné à propos des articles, il avoua les erreurs comme les autres". Torture et pressions morales (il ne sert à rien de persister dans l'erreur quand tous les autres ont avoué ; le roi renoncera aux châtiments corporel en cas d'aveu, etc.) ont porté leurs fruits. Malgré tout, le premier prisonnier, Gautier de Bullens, un chevalier, reviendra sur ses aveux et défendra l'ordre : il sera brûlé en mai 1310 !

Partager ce document :

Écrire commentaire

Commentaires : 0