PIERRE TOMBALE DU CHEVALIER RAIMBAUD, MAISON DU TEMPLE DE COULOMMIERS - XIIIe siècle

Pierre tombale de Raimbaud, chevalier, commandeur du Temple de Coulommiers au XIIIe siècle. Musée départementales des Antiquités de Seine-Maritime, invent. 1025. Temple de Paris
Pierre tombale de Raimbaud, chevalier, commandeur du Temple de Coulommiers au XIIIe siècle. Musée départementales des Antiquités de Seine-Maritime, invent. 1025.

Vers 1850, Anatole Dauvergne écrivait :  « à quatre mètres environ de l'autel, qui a disparu, se voyaient naguère encore deux pierres tombales d'époques différentes ». En 1852, le conseil municipal de Coulommiers avait refusé de les acheter pour le musée, malgré la modicité des trente francs demandés à l'époque. 

Anatole Dauvergne, qui avait acheté pour la sauver et donné à un ami la plus ancienne des deux pierres tombales, la datait du XIIIe siècle. Elle s'est finalement retrouvée chez un antiquaire parisien, M. Théray, qui en 1862 l'a donnée au Musée départemental des antiquités de Seine-Maritime à Rouen, où elle est encore sous le numéro d'inventaire 1025. C'est une plate-tombe trapézoïdale haute de 1,87m, large de 0,82m en haut et 0,77m en bas, pour une épaisseur de 6 cm. Elle est intacte, mais la gravure est assez effacée, d'où la lecture hypothétique incomplète de l'inscription. Les incrustations des fleurs de lys du fond ont disparu, de même que les croix centrales des écus dans les écoinçons.

 

Cette plate-tombe a été étudiée et décrite par Catherine Serow dans son mémoire de maîtrise pour l'université Paris IV en 1978, dont une copie figure à la conservation du musée. Elle la décrit ainsi :

 

« Homme d'armes, mains jointes sur la poitrine, aux pieds un chien vers la droite. Coiffure : chevelure disposée en rouleau autour de la nuque, remarquons que la tête est légèrement inclinée et tournée vers la droite. Vêtement : harnais et chausses de mailles, cotte d'armes en étoffe, épée suspendue au ceinturon sur le côté gauche du chevalier. Le fond est orné de huit fleurs de lis. Encadrement architectural : arcature brisée subtrilobée reposant sur des colonnettes assez minces par l'intermédiaire de petits chapiteaux sculptés d'un décor végétal semble-t-il. Les écoinçons sont occupés par les écus de l'ordre du Temple ».

 

Une bande large de quatre centimètres fait le tour de la dalle, mais l'inscription en lettres capitales romaines est peu lisible. Elle est en français, avec le nom de défunt en latin. Anatole Dauvergne n'avait pas pu déchiffrer le début de l'inscription et ne lisait que la bande à droite. Les paléographes du musée ont confirmé ce que Catherine Serow y a lu :

 

Petit côté, partie supérieure : CI GIST RAIMBALDUS

Grand côté, partie droite : CHEVALIER : PRIEZ : POUR : LI

 

Concernant la datation elle écrit :

«Les capitales romaines étaient employées au XIIIe siècle parallèlement aux lettres onciales, mais restaient d'un usage nettement moins fréquent. L'attitude hanchée du personnage et la souplesse de son vêtement tendent à une datation assez avancée dans le XIIIe siècle ».

Cette plate-tombe a également été étudiée par Madame R. Filloux dans son article du bulletin n° 4 du Groupe international d'études templières en 1973. Elle note que le costume, le principe du gisant sous l'arcade avec le chien et le double écu sont caractéristiques du XIIIe siècle. De toute façon, avec les croix du Temple, elle est antérieure au 13 octobre 1307, date de l'arrestation des templiers par les hommes d'armes de Philippe le Bel. Ajoutons qu'au XIIIe siècle seuls les précepteurs des maisons, c'est-à-dire les commandeurs, étaient en général chevaliers et avaient le droit d'être inhumés dans leurs chapelles et non dans le cimetière. Ce Raimbaldus, soit en français Raimbaud, était donc certainement commandeur de Coulommiers.

Extrait du livre LA COMMANDERIE DES TEMPLIERS DE COULOMMIERS Vie et Résurrection

de Hervé Baptiste, Ed. Lefevre,2000.

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