Sous les pavés, les caves !

Un programme de recherche sur les caves anciennes de Paris

Droits réservés Temple de Paris
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Les vestiges les plus importants du Paris médiéval,

la ville de loin la plus peuplée d’Europe à compter du XIIIe siècle, ne sont pas les églises ni les fragments d’enceinte fortifiée, mais les caves de maisons qui

se comptent par centaines, voire par milliers.

 

Au cœur de la ville gît donc une mémoire inexploitée dont les capacités permettent de renouveler des pans entiers de son histoire.

 

C’est à cette tâche que s’est attelée récemment une équipe rassemblant différents acteurs de la recherche

et du patrimoine, institutionnels et associatifs, attentifs au patrimoine parisien et aux caves en particulier.

 

Le projet Les caves à Paris, présenté par Dany Sandron, Directeur du Centre André Chastel (UMR8150) en partenariat avec le département Histoire de l’architecture et Archéologie de Paris, le service Patrimoines et Inventaire du conseil régional d’Ile-de-France et le centre de topographie parisienne, a été lauréat en 2011 de l’appel à projets Paris 2030.

Une équipe pluridisciplinaire

 

Si les caves ont été bouleversées, elles recèlent souvent paradoxalement des parties peu touchées, voire intactes. Elles ont été épargnées par les opérations de ravalement qui touchent les parties visibles de l’extérieur et sont restées à l’écart des mises au goût du jour, inévitables dans les étages supérieurs habités. Les caves anciennes conservent donc, en dépit de leurs transformations, des vestiges autrement mieux lisibles de leur mise en œuvre qui constituent un terrain d’investigation unique pour l’industrie du bâtiment, qu’on n’apprécie guère à ce jour pour le Paris médiéval qu’à travers l’exemple de l’architecture religieuse ou militaire ou l’étude à la source des carrières d’exploitation.

 

En effet, sous la voirie actuelle, elles conservent des dispositions antérieures aux mesures d’alignement qui se sont multipliées depuis l’époque moderne.

Elles recèlent par conséquent des indices de la ville médiévale caractérisée par un réseau viaire relativement étroit, bien souvent élargi postérieurement. Le percement de nouvelles voies a pu créer des saignées dont les caves gardent mieux les cicatrices que les superstructures remaniées en façade. Les transformations qu’elles ont subies au cours des siècles nous renseignent donc aussi sur les rythmes imprimés au développement de la ville dans une tendance de fond à la densification de l’occupation du sol, dont le niveau de circulation a pu être relevé.

Aux caractéristiques architecturales, il faut ajouter l'aspect fonctionnel de ces espaces enterrés ou semi-enterrés où pouvaient être stockées différentes marchandises, à usage des habitants du lieu ou à des fins commerciales. Aux abords du parvis de Notre-Dame, le chapitre de la cathédrale fit en 1257 l'acquisition conjointement d'une boutique et d'une cave ; on peut penser que la seconde servait de magasin pour la première.

C'est une fonction traditionnellement évoquée pour les grands celliers d'abbayes, comme Ourscamp, concentrés sur la rive droite à proximité des points de débarquement sur la Seine où se concentrait une bonne partie de l'activité économique. Pour les caves non documentées, il faut vérifier si elles conservent des traces matérielles de productions artisanales que l'archéologie pourrait révéler et des analyses physico-chimiques définir.

 

Appendice souterrain des maisons, les caves sont une réalité ancienne du tissu parisien : on a retrouvé des vestiges de caves gallo-romaines, rues Amyot et Gay-Lussac, à Cluny et place de la Sorbonne, qui ne diffèrent guère de celles aménagées jusqu'au début du XXe siècle. Les caves médiévales sont nombreuses et comportent généralement deux ou trois niveaux, possèdent un puits à eau pour les besoins domestiques et communiquent les unes avec les autres pour permettre la fuite en cas d'incendie. Elles sont accessibles depuis la rue afin de faciliter la manutention des objets encombrants. La qualité décorative de ces ouvrages enfouis dans des sous-sols obscurs est comparable à celle des réalisations exposées au grand jour.

 

Droits réservés Temple de Paris
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Comme tous les mondes enfouis, les caves fascinent en laissant entrevoir des origines lointaines, un sentiment exacerbé par la qualité des rares témoins accessibles, souvent liés à des établissements religieux, avec la conscience pleine de frustration que la plupart d'entre elles nous échappent. Plus rationnellement, elles nous offrent l'occasion de remonter le temps en explorant des structures qui peuvent superposer trois niveaux ou davantage.

 

Les premières couches qu'elles constituent échappent à l'homme de la rue, mais elles restent disponibles aux investigations de l'historien et de l'archéologue entre autres spécialistes.

 

L’ensemble des travaux effectués permettra aussi bien au chercheur, à l’amateur qu’aux différents responsables d’apprécier dans toute sa richesse ce patrimoine. Documentations historiques et archéologiques nourriront bases de données et produits modélisés mieux à même de rendre compte de la quantité comme de la qualité des ensembles relevés, à un moment où la pression immobilière s’exerce de manière accrue sur un patrimoine d’autant plus fragile qu’il est peu visible.

 

Droits réservés Temple de Paris
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Qu’au cœur du Marais, au sein du quadrilatère des Archives nationales – lieu par excellence de la mémoire historique –, les caves d’un hôtel du XIVe siècle, celui du connétable de Clisson, aient été découvertes à l’occasion de la préparation de l’exposition "La demeure médiévale à Paris" (commissaires Etienne Hamon et Valentine Weiss) en dit long sur les ressources largement insoupçonnées que recèle le sous-sol parisien pour la connaissance de l’habitat,

de l’espace urbain et des activités qui s’y sont déployées.

 

Tous les éléments sont réunis pour une prise de conscience de ce patrimoine méconnu de la part de ses usagers et de ceux, responsables politiques, instances patrimoniales et chercheurs, qui doivent œuvrer à sa connaissance et à sa conservation.

 

 

Droits réservés Temple de Paris
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Si vous avez observé ce type d'architecture chez vous, vos proches

ou vos voisins, vous pouvez contribuer au développement de cette étude.

  

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et découvrez si votre cave a appartenu à d'illustres propriétaires.

  

Participez à la mise en lumière des derniers vestiges de la Capitale au Moyen Âge.

 

Parisiennes, Parisiens, votre témoignage est précieux pour l'histoire.

 

Si vous souhaitez obtenir plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter par courriel :

lescavesdeparis@gmail.com

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