mar.

14

juin

2016

CHARTE DE FONDATION DE LA SAINTE-CHAPELLE PAR LOUIS IX

Parchemin 61,5 x 44,5 cm. Paris, Archives nationales AE II 2406 (ancien K 32, n°2).
Parchemin 61,5 x 44,5 cm. Paris, Archives nationales AE II 2406 (ancien K 32, n°2).

De Baudouin II de Courtenay, empereur latin de Constantinople, Louis IX a obtenu, à grands frais, la cession de la Sainte Couronne d'Épines et un fragment de la Vraie Croix. Pour abriter ces reliques, il fait édifier, au Palais, dans l'Île de la Cité, une chapelle à deux étages, conçue en forme de châsse vitrée.

 

Le bâtiment est réalisé entre 1239 et 1246 et sa consécration intervient le 26 avril 1248. Longtemps attribué à Pierre de Montreuil, l'édifice est peut-être l'œuvre d'un des architectes de la cathédrale d'Amiens. Les vitraux sont probablement dus à des maîtres verriers chartrains. L'édifice fut puissamment restauré entre 1840 et 1857 par Duban, Lassus et Viollet-le-Duc.

 

L'acte de fondation prévoit la création d'un corps de chapelains et de clercs affecté aux célébrations du culte dans la chapelle. Notons surtout son impact symbolique, sans précédent : l'accueil de ces reliques au Palais du roi de France consacre l'union durable de sa dynastie à la personne du Christ. Charles V, de même que son frère le duc Jean de Berry, à la fin du XIVe siècle, imiteront leur aïeul Saint Louis en faisant édifier les Saintes-Chapelles respectives de Vincennes et de Bourges.

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ven.

29

avril

2016

CONFIRMATION DES DROITS DE PROPRIÉTES AUX TEMPLIERS DE PARIS

 

Philippe IV, dit le Bel, roi de France, accorde par grâce spéciale un amortissement aux Templiers de Paris, pour des biens qu’ils avaient acquis sans son consentement ni celui de ses prédécesseurs, à savoir les maisons de Berne (Val-d’Oise), de Jouy-le-Comte (Val-d’Oise), de Baillon (Val-d’Oise), de Bellay (Val-d’Oise), du Mesnil-Saint-Denis (Yvelines), toutes sises dans la châtellenie de Beaumont. Les Templiers reçoivent tous les droits sur ces biens et ne pourront être contraints par le roi de France à les lui rendre. Si d’autres héritiers des anciens rois réclament une restitution, le roi de France les en empêchera.

 

Fait à Breteuil (Oise) - entre le 11 et le 14 septembre 1291.

 

Auteur : Philippe [IV], roi de France

Bénéficiaire : Ordre du Temple

Rédacteur : Chancellerie royale

 

Archives nationales

Taille du parchemin : 20 x 22 cm

Scellé du sceau de cire verte sur lacs de soie rouge et verte de Philippe IV, roi de France ; traces de cire rouge (sceau du secret) sur le repli à gauche.

Lieu de conservation : Paris AN : S 4992 - Ordre de Malte, doss. 30 (anc. S 4993 n° 2)

Accès : original non accessible (conservé en réserve du musée)

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mar.

29

mars

2016

LES DÉPENSES DE SAINT LOUIS

Paris, Archives Nationales, AE II 258 (ancien J 1168), Trésor des Chartres
Paris, Archives Nationales, AE II 258 (ancien J 1168), Trésor des Chartres

Comptes de l'hôtel de Louis IX : tablettes de cire de son chambellan Jean Sarrazin

 

Hérité de l'Antiquité, l'usage de la tablette de cire est encore vivace au XIIIe siècle. C'est ainsi que le chambellan du roi

Jean Sarrazin y consigne les dépenses de l'hôtel de Louis IX, dont sont conservées deux années, 1256 et 1257. Il s'agit de pièces d'une rareté exceptionnelle car ces tablettes, recopiées sur registres, étaient destinées à resservir, et donc à être régulièrement effacées.

 

En témoignage le trait qui raye la totalité du texte gravé dans

la cire, et qui rend l'écriture d'autant plus diffice à lire. Il n'existe que sept exemples comparables, mais tous postérieurs à celui-ci.

 

Les tablettes de Jean Sarrazin constituent une sorte de relevé des comptes que le roi avait chez les Templiers où était déposé son trésor.

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mar.

08

sept.

2015

CONFIRMATION DES STATUTS DE L’HÔPITAL DES QUINZE-VINGTS - 1270

Confirmation des statuts des Quinze-Vingts Rédigé à Melun, mars 1270 Parchemin, sceau de cire verte sur lacs de soie rouge et verte H. 21 cm ; l. 28,5 cm - Conservé à Paris, hôpital des Quinze-Vingts
Confirmation des statuts des Quinze-Vingts Rédigé à Melun, mars 1270 Parchemin, sceau de cire verte sur lacs de soie rouge et verte H. 21 cm ; l. 28,5 cm - Conservé à Paris, hôpital des Quinze-Vingts

Parmi les nombreuses constructions et fondations de saint Louis, les établissements hospitaliers et charitables occupent une place privilégiée. Entre les hôpitaux, celui des Quinze-Vingts possède un rang spécifique, dans la mesure où cette institution était située dans la capitale (mais l’hôtel-Dieu de Paris a aussi été favorisé par le roi), toute proche d’une résidence royale, le Louvre, et qu’elle semble avoir été particulièrement chère au cœur de Louis IX. Ce dernier avait fondé l’établissement peu avant 1260, pour accueillir trois cents aveugles (« quinze fois vingt », selon le système de comptage vicésimal, souvent en vigueur alors, d’où son nom). Il occupait une vaste superficie coïncidant à peu près avec la zone située aujourd’hui entre la rue Saint-Honoré et les guichets nord du Louvre, des deux côtés de la rue de Rohan. Des jardins bordaient le bâti

du côté ouest, là où l’occupation urbaine se faisait de moins en moins dense.

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jeu.

05

févr.

2015

Traité conclu après la mort de Saint Louis

Dimension du parchemin : 64,5 x 57,5 cm. Cote AE/III/4 (ex J937/1)
Dimension du parchemin : 64,5 x 57,5 cm. Cote AE/III/4

Traité de paix et de commerce conclu après la mort de Saint Louis entre Abou Abd Allah Mohammed el Mostancer Billah, émir de Tunis et les rois chrétiens Philippe III de France, Charles de Sicile et Thibaut de Navarre, le 21 novembre 1270.

Le texte du document est en langue arabe. Il comporte le sceau de l'émir de Tunis en cire rouge sur cordonnet de soie rouge et verte.

 

Ce texte règle l'évacuation du territoire de Tunis par les croisés, le paiement des frais de guerre par Abou Abd Allah et quelques accords commerciaux. C'est la première fois que sont établies les garanties qui ont assuré en Orient

la liberté religieuse et celle des transactions commerciales.

En 1263, le pape Urbain IV prêcha une nouvelle croisade dirigée contre le sultan mamelouk Baïbars dont les troupes venaient de saccager la Terre Sainte. Quatre ans plus tard, le roi Louis IX décida de se croiser pour la seconde fois. Parti de Paris le 15 mars 1270, accompagné de ses trois frères, il débarqua le 18 juillet près de Carthage, peut-être dans l'intention de convertir l'émir de Tunis. La peste frappa aussitôt les troupes déjà accablées par les fortes chaleurs. Le roi mourut le 25 août, après avoir rédigé son testament et confié son armée à son fils aîné Philippe. Le frère de Louis IX, Charles, comte d'Anjou et roi de Sicile, arrivé le même jour au camp français, s'empressa de conclure avec l'émir de Tunis un traité de paix et de commerce valable " pour quinze années solaires ".


L'expédition prit alors le chemin du retour, au cours duquel moururent cinq membres de la famille royale dont Thibaut V de Champagne, roi de Navarre et gendre de Louis IX, un des signataires du traité. Le nouveau roi, Philippe III, dit " le Hardi " arriva à Paris en mai 1271. Louis IX fut canonisé, sous le nom de saint Louis, par 
le pape Boniface VIII en 1297.

 

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mer.

28

janv.

2015

Acte d'exemption de taxe sur le transport du vin.

Parchemin, 160 x 240 mm (repli : 35 mm) ; scellé de cire brune sur double queue de parchemin.
Parchemin, 160 x 240 mm (repli : 35 mm) ; scellé de cire brune sur double queue de parchemin.

Amaury de la Roche, commandeur du Temple en France, reconnaît que l'exemption de taxe accordée aux Templiers par

le comte Thibaud V sur le transport du vin à Provins est limitée

à quarante tonneaux par an (mai 1268).

 

Les comtes de Champagne permirent au Temple de participer à l'essor économique de leur principauté en l'exemptant de taxes sur le transport et la vente des produits qu'il négociait aux foires de Champagne.

Depuis leur commanderie du Val de Provins, les Templiers étaient à pied d'œuvre pour commercer aux trois foires de Provins, celles de la Saint-Ayoul (première quinzaine de septembre), celles de la Saint-Martin d'hiver (11 novembre) et de mai.

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dim.

05

oct.

2014

Lettre d'Arghoun, roi (ilkhan) mongol de Perse, à Philippe le Bel, roi de France, pour lui proposer une alliance contre les Mamelouks, 1289.

Rouleau de papier coréen. 182 x 25 cm. Paris, Archives nationales, AE III 202 (ancien J 937, n°8)
Rouleau de papier coréen. 182 x 25 cm. Paris, Archives nationales, AE III 202 (ancien J 937, n°8)

Le règne de Gengis Khan permit à sa tribu de conquérir toute la Mongolie puis la Chine du Nord, le Turkestan, l'Afghanistan et la Perse. Ses ambitions le poussèrent, ainsi que ses fils, vers l'est de l'Europe, et jusqu'aux portes de Vienne (1241).

La Mésopotamie, la Syrie, le califat de Bagdad passèrent également sous domination mongole. La puissance militaire de ce nouvel empire conduisit les souverains chrétiens, Louis IX en particulier, à entretenir avec lui des relations diplomatiques cordiales.

Pendant la septième croisade, Louis IX noua ainsi des contacts avec le souverain mongol, dont il reçut les ambassadeurs en 1248-1249, à Chypre. Le roi de France recherchait alors une aide militaire pour délivrer Jérusalem "des mains des Sarrasins", mais espérait aussi convertir le khan, que sa tolérance religieuse avait amené à s'entourer de chrétiens nestoriens. Si l'alliance projetée ne se concrétisa pas, les souverains mongols conservèrent une attitude favorable aux Occidentaux : des missions chrétiennes furent accueillies et des échanges commerciaux s'instaurèrent.

Après l'éclatement de l'immense empire mongol, Philippe le Bel reprit l'initiative du dialogue et envoya des propositions d'alliance par l'intermédiaire d'un moine nestorien à Arghoun, ilkhan de Perse. Celui-ci répondit favorablement à l'invite, qui visait un ennemi commun, les Mamelouks, nouveaux maîtres de l'Egypte, rivaux de l'Ilkhan de Perse et menace pour les principautés chrétiennes de Terre Sainte.

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mer.

23

avril

2014

LETTRE PATENTE ET SCEAU DE MAJESTÉ DU ROI PHILIPPE LE BEL

Acte de Philippe IV le Bel, juillet 1304

Fonds d'archives de l'abbaye Saint-Vincent de Senlis (H 718)

Langue : latin ; original sur parchemin, scellé

Dim. : H. 13,2 ; L. 22,8 cm

Contre-sceau acte de Philippe le Bel

Contre-sceau : écu semé de fleurs de lys, encadré de branches de lierre

Diam. : 4,1 cm

Le roi de France Philippe IV le Bel (1285-1314), concède à son arrière-vassal Jean de Chambly (Johannes de Chambliaco), seigneur de Val Pendant (aujourd'hui commune de Presles, Val d'Oise), le droit de disposer comme bon lui semble de vingt-huit arpents de bois situés au lieu-dit les Desfoys (de Nuilli = de Neuilly-en-Thelle). Cette autorisation permet à Jean de Chambly de vendre en 1305 ce bois à l'abbaye Saint-Vincent de Senlis.

 

Les lettres patentes sont des actes royaux moins solennels que les diplômes. Certaines parties de ces derniers en sont absentes, comme l'invocation divine, et elles ne portent pas d'autre signe de validation que le sceau. "Patentes" signifie "ouvertes", opposant ces actes aux lettres closes, expédiées fermées.

Le grand sceau de majesté (roi assis sur son trône) de Philippe le Bel est l'élément le plus spectaculaire de cette charte par sa taille et son état de conservation. Il est "appendu" sur lacs de soie verte et rouge. La couleur verte de la cire symbolise, depuis le règne de Philippe Auguste un siècle plus tôt, la valeur perpétuelle de l'acte.

Description du sceau : sceau rond de cire verte, dans le champ duquel le roi, couronné, assis sur un trône orné d'avant-corps de lions, tient une fleur de lys à la main droite et un sceptre terminé par une fleur de lys à la main gauche.

 

Légende : PHILIPPUS DEI GRACIA FRANCORUM REX

(Philippe par la grâce de Dieu roi de France).

Diam. : 9 cm ; Sceau légèrement restauré.

Transcription du début de l'acte

 

Philippus Dei gratia Francorum rex notum facimus universis tam presentibus quam futuris quod nos considerantes grata /

et accepta servicia que dilectus Johannes de Chambliaco castellanus de Valle Pendenti miles noster […]


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mar.

11

févr.

2014

Bulle pontificale et son sceau de plomb, 1250.

Bulle du pape Innocent IV pour l'abbaye de Chaalis, 1250. Temple de Paris
Bulle du pape Innocent IV pour l'abbaye de Chaalis, 1250. Temple de Paris
Sceau de plomb (droit), 1250.
Bulle du pape Innocent IV pour l'abbaye de Chaalis, 1250. Temple de Paris
Sceau de plomb (revers), 1250.

Bulle du pape Innocent IV pour l'abbaye de Chaalis, 1250.

Fonds de l'abbaye de Chaalis (H 5176).

Langue : latin.

Original sur parchemin.

Bulle de plomb sur lacs de soie rouges et jaune.

Dim. : H. 25 cm ; L. 32 cm.

 

 

 

Le pape Innocent IV interdit aux prélats et à leurs proches d'exiger de l'abbaye de Chaalis qu'elle leur offre gratuitement l'hospitalité. Deux autres bulles protectrices, octroyées l'année précédente à l'abbaye de Chaalis par ce pape, sont conservées aux Archives départementales de l'Oise.

 

Une bulle est un acte pontifical qui tire son nom du sceau de métal qui la scelle (bulla en latin, c'est-à-dire la petite boule de métal munie d'un trou dans lequel on fait passer les lacs et que l'on presse entre deux matrices de métal fixées sur une pince). La majorité des bulles sont scellées de plomb, les plus prestigieuses étaient scellées d'or. La face (ou "droit") du sceau comporte les effigies des apôtres Paul (SPA : sanctus Paulus, cheveux et barbes lisses) et Pierre (SPE : sanctus Petrus, cheveux et barbe frisés), protecteurs du Saint-Siège. Le revers porte le nom du pape (Innocentius), suivi du mot papa et du chiffre indiquant son rang (IIII = IV).

 

 

Il s'agit ici d'une "petite bulle". Ce type d'acte est caractérisé par un texte plutôt bref, mais dont la rédaction est très codifiée : court préambule, clause finale toujours identique (Nulli ergo […] incursurum). L'acte est scellé sur lacs de soie rouge et jaune tressée, la soie indiquant que l'acte a une valeur perpétuelle, contrairement au chanvre. Le nom du pape est écrit en grands caractères et la première lettre est décorée, tout comme les initiales de chaque partie de l'acte. Les groupes de lettres "st" et "ct" sont très particuliers : lorsque ces deux lettres se suivent, elles sont écartées l'une de l'autre mais reliées par une ligature en partie supérieure (par exemple, à la première ligne, "cisterciensis").

 

 

Transcription du début de l'acte

 

INNOCENTIUS episcopus servus servorum Dei dilectis filiis abbati et conventui Caroliloci cisterciensis ordi/

nis Silvanectensis diocesis salutem et apostolicam benedictionem […].


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mar.

11

févr.

2014

Bourse dite des croisades avec les armes des familles des Dreux et Bretagne.

 

On trouve au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France,

le dessin d'une bourse, aumônière, dont les chevaliers se servaient

pour rapporter des reliques lors des croisades. 

Celle-ci a appartenu à Pierre Mauclerc, qui la légua à l'abbaye de Saint-Yved de Braine.

Ce prince fut le premier comte de Bretagne qui adopta des armoiries sur son écu :

elles consistaient dans un champ « échiqueté d'or et d'azur, à la bordure de gueules

que portait Robert II ; le quartier d'hermines y figurait aussi. ».

 

Cette bourse se trouvait à l'église Saint-Yved de Braine (Picardie).

 

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ven.

31

janv.

2014

Le sceau équestre d'un comte de Clermont mort en Orient, 1202

Sceau équestre du comte de Clermont, 1202. Temple de Paris

Acte de Louis, comte de Blois et de Clermont, 1202.

Fonds d'archives de l'abbaye de Froidmont (H 4506).

Langue : latin. Original sur parchemin, scellé.

Dimension : H. 11,5 cm ; L. : 18,5 cm.

Sceau équestre du comte de Clermont, 1202. Temple de Paris

Louis, comte de Blois et de Clermont (comes blesensis et claromontis) de 1191 à 1205, approuve la donation de trois bois à l'abbaye de Froidmont par Baudouin, chevalier de Wavignies (Balduinus miles de Wavegnies), son vassal. En contrepartie, les religieux doivent les défricher et livrer au chevalier un cens annuel de dix-sept muids mi-froment, mi-avoine, à prendre à la grange de Grandmesnil (dans l'actuelle commune de Camprémy).

 

C'est dans la perspective de son départ pour la quatrième croisade, dont il fut l'un des chefs,

que Louis, comme toujours en pareille circonstance, répandit ses largesses sur ses couvents favoris.

 

Le comte de Clermont est parti en juin 1202

et a combattu en Grèce, assisté à la prise de Constantinople (Istanbul) en 1204, et a reçu le duché de Nicée. Il fut tué en avril 1205 devant Andrinople (Edirne) dans un combat contre les Bulgares.

 

Le sceau, très finement gravé, est de type équestre. Il représente le comte à cheval, revêtu d'une cotte de maille, la tête coiffée d'un heaume à timbre plat et visière. Il porte devant lui un écu enveloppant, sa main droite tenant une épée dressée. Le cheval,

de petite taille, est figuré au galop allongé. Le pan flottant de la cotte d'armes, disproportionné, produit un effet décoratif et l'animation du drapé vient souligner le mouvement du cheval.

 

 

Transcription du début de l'acte

 

Ego Ludovicus, comes Blesensis et Clarimontis, notum facio omnibus hec visuris quod Balduinus, miles de Wavegnies, et Aeli-/za, uxor ejus, dederunt fratribus de Fresmont, ad dirumpendum, quedam nemora sua […].

 

Sceau rond de cire verte sur lacs de soie.

Légende : SIGLL. LUDOVICI COMITIS BLES. ET CLARIMONT.

(Sigillum Ludovici comitis Blesensis et Clarimontis / sceau de Louis, comte de Blois et de Clermont).

Diamètre : 7,2 cm

Sceau légèrement restauré.


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mar.

28

janv.

2014

Guillaume II s'adresse au maître du Temple en France, Amaury de la Roche

Parchemin, rouleau de 525 x 191/178 mm. Arch. nat., J 456, n° 36. Temple de Paris
Parchemin, rouleau de 525 x 191/178 mm. Arch. nat., J 456, n° 36.

Mémoire du patriarche de Jérusalem au maître du Temple en France pour l'alerter sur la situation préoccupante des Etats latins et, notamment, de la ville d'Acre (mars-juillet 1267).

 

Depuis la fondation de l'Ordre par Hugues de Payns, l'histoire du Temple est intimement liée à celle des Etats latins d'Orient, fondés en Terre sainte à l'issue de la première croisade. L'Ordre s'emploie à aider et à protéger les pèlerins vers la Terre sainte et participe activement à la conquête puis à la défense des territoires administrés par les Latins.

 

Adressé à frère Amaury de la Roche, maître du Temple en France,

ce mémoire est rédigé par Guillaume II, élu patriarche de Jérusalem en 1262. Depuis la perte de la Ville sainte en 1187, le patriarche réside à Acre, ce qui explique son empressement à défendre la ville. Le besoin le plus pressant est celui d'argent, pour des soldes ou des remboursements. Des galées seraient les bienvenues, ainsi que le versement des dîmes des églises de Chypre et la restauration du château de Jaffa.

 

Le document se présente sous la forme d'un rouleau, composé de deux pièces de parchemin d'inégale largeur, cousues ensemble. Il détaille les demandes du patriarche en douze articles : le laconisme et la brièveté du dernier, qui appelle instamment à une nouvelle croisade, semblent être l'illustration de l'urgence de la situation.

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lun.

06

janv.

2014

Quittance de Pierre de La Cloche, de Crépy-en-Valois, pour les frais de garde et de nourriture de huit templiers emprisonnés à Senlis (janvier 1312).

 

En janvier 1312, huit templiers "non réconciliés", qui avaient comparu devant la commission pontificale à Paris en février-mars 1310 pour défendre l'ordre, étaient prisonniers à Senlis ; ayant rejeté les accusations portées contre eux, ils avaient probablement été condamnés à la prison à vie par le concile de la province de Reims.

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ven.

27

déc.

2013

États généraux convoqués par le roi Philippe IV le Bel.

Des représentants du clergé du diocèse de Bourges nomment, par acte du 19 avril 1308,

des députés aux États généraux convoqués par le roi Philippe IV le Bel pour juger les Templiers. Grande charte en parchemin rédigée en latin, jadis scellée de quarante sceaux

dont il n'en reste que 15, pendants sur simple queue de parchemin.

 

Taille : 59 x 46 cm.

Cote :  AE/II/313.

Cote d'origine : J 413/8

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dim.

22

déc.

2013

Quittance du trésorier du Temple de Paris, attestant un dépôt de 9000 livres tournois.

Quittance du trésorier du Temple de Paris, attestant un dépôt de 9000 livres tournois (vidimus de l'officialité de Paris, octobre 1293). Arch. nat. J 426, n° 10. Temple de Paris
Quittance du trésorier du Temple de Paris, attestant un dépôt de 9000 livres tournois (vidimus de l'officialité de Paris, octobre 1293). Arch. nat. J 426, n° 10.

 

En octobre 1293, c'est au Temple de Paris que les exécuteurs testamentaires du cardinal Jean Cholet versent en dépôt

9000 livres dont 3000 sont affectés aux opérations d'aide à la Terre Sainte. La ville d'Acre était tombée en 1291 ; comme tant d'autres chrétiens fervents,  le cardinal avait à cœur de participer à la reconquête des Lieux Saints : il confia au patriarche de Jérusalem, au maître de l'Hôpital et à celui

du Temple le soin de veiller au bon emploi

de son legs. En échange du dépôt d'argent, le trésorier du Temple, Jean de Tour, rédigea une quittance scellée de son sceau.

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jeu.

17

oct.

2013

Arbitrage de Louis IX entre Thibaud IV et les Templiers

Parchemin, 215 x 210 mm (repli : 30 mm) ; autrefois scellé de cire naturelle sur double queue de parchemin. Paris, Arch. nat. J 198b, n° 82. Temple de Paris
Parchemin, 215 x 210 mm (repli : 30 mm) ; autrefois scellé de cire naturelle sur double queue de parchemin. Paris, Arch. nat. J 198b, n° 82.

Louis IX, roi de France, fait connaître la paix conclue entre Thibaud IV, roi de Navarre et comte de Champagne, et les Templiers à propos de leurs nouvelles acquisitions dans le comté de Champagne et de brie (Pontoise, août 1241).

 

Conservé à l'origine dans le chartrier des comtes de Champagne, qui a rejoint le trésor des chartres royales après le mariage de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre, l'acte de Saint Louis est le plus ancien document rédigé en français par les rois de France. La langue latine était la règle à l'époque des Capétiens, mais l'intervention diplomatique et arbitrale du souverain ainsi que le statut des parties – un prince et un ordre militaire habitués à user du français – expliquent sans doute ce choix linguistique rarissime.

 

Dans ce conflit latent entre le comte et l'ordre du temple, il faut retenir que ce dernier ne peut désormais acquérir de biens et de droits sans l'accord exprès du comte. En attendant que l'accord soit validé par le "grand maître du Temple d'outremer", les acquisitions récentes des templiers sont confiées à la garde de Jean de Thourotte, châtelain de Noyon et fidèle du roi. Le dossier sera clos seulement en 1255.

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mer.

09

oct.

2013

Les aveux normands

Procès-verbaux d'interrogatoire de 7 templiers de Renneville et de Sainte-Vaubourg, de 13 templiers du baillage de Caen. 18 et 28-29 octobre 1307. Temple de Paris
Procès-verbaux d'interrogatoire de 7 templiers de Renneville et de Sainte-Vaubourg, de 13 templiers du baillage de Caen. 18 et 28-29 octobre 1307.

 

Procès-verbaux d'interrogatoire de 7 templiers

de Renneville et de Sainte-Vaubourg, de 13 templiers

du baillage de Caen.

18 et 28-29 octobre 1307.

 

 

L'interrogatoire parisien a fourni l'essentiel des informations nécessaires au dossier d'accusation de la royauté contre les templiers, du fait du nombre des accusés (138 au total)

et de la présence des dignitaires de l'Ordre. Mais il y eut bien d'autres templiers interrogés par les agents du roi, en liaison

ou non avec les délégués de l'inquisiteur de France :

49 interrogatoires subsistent pour Cahors, 6 pour Carcassonne ou Bayeux, une vingtaine pour la Normandie. Dès le 18 octobre, les hommes du roi interrogèrent ainsi cinq templiers de la commanderie de Saint-Etienne de Renneville (Eure), la plus riche des établissements normands, et deux templiers de Saint-Vaubourg, un établissement situé près de Rouen. Ils avouèrent en gros tout ce qu'on leur reprochait.

 

 

 

Samedi 28 et dimanche 29 octobre, ce fut au tour de treize templiers, emprisonnés au château de Caen, d'être questionnés. Cette fois-ci, le procès-verbal prit une forme plus officielle : "à confirmation de vérité", les quatre dominicains du couvent de Caen, délégués par l'inquisiteur, et les deux chevaliers, commissaires du roi, y apposèrent leurs sceaux, aujourd'hui disparus. En une belle unanimité, l'ensemble des prisonniers commença par nier toutes les accusations. Mais, lors d'un nouvel interrogatoire, ils procédèrent à des aveux complets. Le cas de Gui Panaye, arrêté à Louvigny (Orne) et dernier de la liste, permet de comprendre le mécanisme : "Mis à la torture le samedi en question, il n'a rien voulu avouer ; le lendemain, interrogé et examiné à propos des articles, il avoua les erreurs comme les autres". Torture et pressions morales (il ne sert à rien de persister dans l'erreur quand tous les autres ont avoué ; le roi renoncera aux châtiments corporel en cas d'aveu, etc.) ont porté leurs fruits. Malgré tout, le premier prisonnier, Gautier de Bullens, un chevalier, reviendra sur ses aveux et défendra l'ordre : il sera brûlé en mai 1310 !

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mar.

08

oct.

2013

Confirmation des exemptions du Temple par le pape Boniface VIII. Rieti, 6 novembre 1298

Parchemin, latin. Bulle de plomb sur fils de chanvre. 31.5 x 41 cm. Archives nationales, L 282, n°79. Temple de Paris
Parchemin, latin. Bulle de plomb sur fils de chanvre. 31.5 x 41 cm. Arch. nat., L 282, n°79

 

"Boniface, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à nos chers fils, le maître et les frères de la maison de la milice du Temple

de Jérusalem, salut et bénédiction apostolique".

 

 

C'est par ces mots que débute la bulle pontificale de Boniface VIII, malheureusement mutilée. Soucieux de la préservation des droits de l'Église face aux pouvoirs séculiers, il confirme au Temple "toutes les libertés et immunités concédées par nos prédécesseurs, les pontifes romains", ainsi que les exemptions des taxes réclamées par les gens du siècle, "rois, princes et autres fidèles du Christ". L'acte a été soigneusement conservé dans les archives templières – absorbées par celles de l'Ordre de Malte – avec maints autres privilèges des papes.

 

 

En effet, depuis la bulle Omne datum optimum, délivrée par le pape Innocent II le 29 mars 1139, l'ordre du Temple bénéficie de la "Tutelle et protection du siège apostolique", une contrepartie légitimée par le double statut des frères qui prononcent des vœux de type monastique et combattent les infidèles au nom du Christ. La bulle accorde au Temple le droit d'avoir ses propres oratoires et d'inhumer ses morts dans ses cimetières ; les prêtres affiliés à l'Ordre sont soustraits à l'autorité épiscopale et dépendent directement du pape. la bulle est confirmée douze fois entre 1154 et 1194 !

 

De fait de leur mission primordiale en Orient, les Templiers sont aussi exemptés des décimes, ces impôts versés aux papes par tous les ecclésiastiques pour la croisade et la défense de la Terre sainte ; lorsque le pape transfère la perception des ces décimes aux souverains européens, le Temple en reste exempté.

Cette situation à part devient vite intolérable lorsque Philippe le Bel recherche à tout prix des revenus supplémentaires.

 

Et pourtant, après deux siècles d'indéfectible soutien, le souverain pontife Clément V retire sa main protectrice.

Les temps ont changé…

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dim.

06

oct.

2013

Les rites templiers, le reniement de la Croix et du Christ

Papier, latin. 32 x 24 cm. Archives nationales, J 413, n° 24 ter. Temple de Paris
Papier, latin. 32 x 24 cm. Archives nationales, J 413, n° 24 ter.

"Voici les articles sur lesquels on doit enquêter contre l'Ordre des frères de la chevalerie du Temple". 

Vers 1308-1310

 

L'acte d'arrestation énonce une liste "d'erreurs" des templiers qui s'arrête à l'essentiel. Lors de leur réception dans l'Ordre, ils renient le Christ trois fois et crachent sur la Croix ; après avoir retiré leur vêtement, ils sont baisés par celui qui les reçoit, "au bas de l'épine dorsale", puis au nombril et sur la bouche ; enfin "ils s'obligent […] à se livrer l'un à l'autre, sans refuser, dès qu'ils en seront requis, par l'effet du vice d'un horrible et effroyable concubinat".

 

Un texte complémentaire adressé aux commissaires du roi s'interroge sur la présence "d'une idole en forme de tête d'homme avec une grande barbe" que les templiers embrasseraient et adoreraient lors de leurs chapitres provinciaux ; on ajoute que les prêtres de l'Ordre donneraient l'hostie sans la consacrer.

 

Durant l'été 1308, après que ses cardinaux ont entendu à Poitiers, 72 templiers choisis par le roi, puis à Chinon cinq dignitaires, le pape Clément V doit se résoudre à prendre en compte leurs aveux et à ouvrir une procédure sur les agissements de l'Ordre. Dans sa bulle Faciens misericordiam, expédiée à partir du 12 août 1308, il lance une double enquête : celle des évêques et des inquisiteurs dans chaque diocèse sur les personnes des templiers, celle des commissions pontificales dans chaque État sur le Temple en tant qu'Ordre.

 

C'est alors que commencent à être mises au point des listes de questions dont Nogaret et son entourage ont sûrement été les instigateurs ; cette version longue de 122 articles a été conservée dans les archives royales. Les charges sont grossies : on piétinait la Croix ou on urinait dessus, on adorait un chat ou bien des idoles (à trois visages ou avec un crâne humain), on ne pratiquait ni la charité ni l'hospitalité comme il se devait, on accroissait les biens de l'Ordre par des moyens illégaux. Pour convaincre les hésitants, les accusations à peine voilées de sorcellerie, de magie et d'hérésie se mêlent donc avec subtilité à des reproches d'une plus grande banalité.

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mer.

02

oct.

2013

Compte journalier des dépenses d'emprisonnement et de transfert des Templiers. 24 janvier - 12 février 1308

Rouleau de parchemin (3 membranes), français. 188 x 17 cm. Archives nationales, J 413, n° 28. Temple de Paris
Rouleau de parchemin (3 membranes), français. 188 x 17 cm. Archives nationales, J 413, n° 28.

La police et les prisons du roi

 

Le compte du début de l'année 1308 qui énumère les sommes versées à tous les gardiens de prisonniers parisiens est un document exceptionnel. Il représente la seule source existante sur le destin des templiers retenus dans l'enclos

de Paris après l'arrestation du mois d'octobre 1307.

Une fois terminés les interrogatoires de l'automne,

on dispersa les prisonniers à travers toute la région parisienne, sans doute par sécurité. Deux chevaliers royaux, Hugues de La Celle et Guillaume de Marcilly, se chargèrent de l'opération et établirent la liste des sommes dues à ceux qu'ils avaient recrutés pour assurer le convoiement et la garde des prisonniers. Auparavant, ils avaient dirigé personnellement les interrogatoires : en mai 1310, le frère Aimery de Villiers-le-Duc déclare devant la commission pontificale que "toutes les erreurs imputées à l'ordre étaient entièrement fausses bien que, par suite des tortures nombreuses que lui infligèrent Guillaume de Marcilly et Hugues de La Celle, chevaliers royaux, il avait confessé quelques-unes des erreurs susdites".

 

Les deux compères étaient donc de fidèles exécutants du roi, tout à la fois policiers, logisticiens et recruteurs d'hommes fiables. Le mercredi 25 janvier 1308, ils conduisirent Jacques de Molay, "jadis grant mestre du Temple", avec quatre autres frères à Corbeil : ils y restèrent sous la garde d'un chevalier et de ses deux écuyers. Hugues de Pairaud, visiteur de France, fur enfermé à Gisors ; le"mestre de Chippre", Raimbaud de Caron, rejoignit Montlhéry.

 

Le prêtre Jean de Fouilly, premier prisonnier cité dans l'interrogatoire du 19 octobre, est livré au bailli de Sens pour être emmené à Villeneuve-le-Roi. D'autres furent transférés au bois de Vincennes, aux châteaux de Trappes et de Beaumont-sur-Oise, à Saint-Denis, Thiais, Creil, Vernon ou encore Orléans.

L'objectif affirmé était de ne garder que cent prisonniers au plus dans le Temple de Paris.

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dim.

29

sept.

2013

La croisade, une mission impossible ?

Parchemin, latin. 66 x 21,5 cm. Archives nationales, J 456, n° 36/1. Temple de Paris
Parchemin, latin. 66 x 21,5 cm. Archives nationales, J 456, n° 36/1.

Mémoire sur la croisade adressé au pape Clément V

par Jacques de Molay.

 

Juillet-août 1306.

 

Le 6 juin 1306, le pape Clément V écrit au maître de l'Hôpital, Foulques de Villaret, pour qu'il vienne s'entretenir avec lui, à la Toussaint, de la délivrance de Jérusalem ; en attendant, il souhaite avoir son avis par écrit sur la question. La reconquête de la Syrie et de la Palestine, perdues depuis la déroute de 1291 et la chute d'Acre, était une entreprise difficile ; Chypre et le petit royaume arménien de Cilicie, qui soutenaient les forces chrétiennes, avaient besoin d'aide. Hospitaliers et Templiers étaient les seules troupes disponibles sur place. La demande du pape fut également adressée au maître du Temple dont on détient la réponse circonstanciée :

"Au nom du Seigneur, amen. Voici l'avis du maître du Temple sur l'affaire de la Terre sainte. Saint Père, vous m'avez demandé ce qui me semble le mieux à faire : soit un grand passage, soit un petit passage. À quoi je réponds qu'un petit passage, d'après l'état dans lequel se trouve à présent la Terre sainte, ne serait pas avantageux mais dangereux et blâmable pour la chrétienté".

 

 

Jacques de Molay rejette ainsi tout "passage particulier" car une petite armée ne résisterait pas aux forces Mamelouks. Il prône un "passage général", c'est-à-dire une croisade de tous les princes chrétiens. Chypre en serait la base de lancement, des navires italiens seraient chargés de l'acheminement, 12 000 à 15 000 chevaliers et 5000 piétons seraient nécessaires. Comme mesure immédiate, il préconise l'armement d'une dizaine de galères pour protéger Chypre et harceler les infidèles, et il se dit prêt à les financer. Mais, sans doute par peur des espions, Molay souhaite décrire les objectifs précis au pape en personne. Les entretiens de pape avec les deux maîtres devaient aussi porter sur l'union des deux ordres, prônée par le roi de France. Il ne nous reste que le mémoire de Molay, qui refuse catégoriquement.

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mar.

24

sept.

2013

Ordre d'arrestation des templiers

Ordre d'arrestation des templiers. Temple de Paris
Ordre d'arrestation des templiers. Parchemin (2 membranes), latin et français. 90 x 25 cm. Archives nationales, J 413, n° 22.

Ordre d'arrestation des templiers

(vidimus de Pierre de Hangest, bailli de Rouen).

Abbaye de Maubuisson, 14 septembre 1307.

 

 

Le 12 octobre 1307, aux côtés de tous les grands personnages de la cour, Jacques de Molay assiste aux obsèques de Catherine de Courtenay,

l'épouse de Charles de Valois, frère du roi. Le lendemain, il est arrêté par Guillaume de Nogaret lui-même dans l'enclos du Temple de Paris.

Chevaliers, frères, sergents, domestiques sont capturés par tout le royaume. Rédigé un mois plus tôt, l'ordre d'arrestation détaillait la procédure à suivre et les crimes sur lesquels enquêter. Il en reste trois exemplaires, adressés aux baillis d'Amiens et de Rouen, et au sénéchal de Beaucaire.

 

Le prologue enflammé décrit la frayeur du roi devant les crimes supposés des templiers : "Une chose amère, une chose déplorable, une chose assurément horrible à penser, terrible à entendre, un crime détestable, un forfait exécrable, un acte abominable, une infamie affreuse, une chose tout à fait inhumaine, bien plus, étrangère à toute humanité, a, grâce au rapport de plusieurs personnes dignes de foi, retenti à nos oreilles, non sans nous frapper d'une grande stupeur et nous faire frémir d'une violente horreur".

Puis vient la liste des crimes dont on accuse "les frères de l'ordre de la chevalerie du Temple qui cachent le loup sous l'apparence de l'agneau et insultent la religion de notre foi sous l'habit de l'ordre".

 

Philippe le Bel fait mine d'avoir l'aval du pape ("après en avoir parlé avec notre très saint Père, Clément"), déclare avoir pris conseil de son église et de ses barons, et se repose sur l'enquête préalable de guillaume de Paris, inquisiteur de France. Contre ces "ennemis de Dieu, de la foi et de la nature", il n'a pas d'autre choix que l'arrestation de tous les membres de l'Ordre et la saisie de leurs biens ; il recommande l'emprisonnement et l'isolement des accusés.

On appellera ensuite "les commissaires de l'inquisiteur pour examiner la vérité avec soin, par la torture s'il en est besoin". Tout était dit.

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lun.

16

sept.

2013

Accord entre l'Ordre du Temple et le comte de Champagne

Parchemin, 500 x 440mm (repli : 10 mm) ; scellé de deux sceaux de cire verte sur rubans de soie rouges. Arch. nat, J 198b, n° 100. Temple de Paris
Parchemin, 500 x 440mm (repli : 10 mm) ; scellé de deux sceaux de cire verte sur rubans de soie rouges. Arch. nat, J 198b, n° 100.

Renaud de Vichier, maître de l'ordre du Temple, fait part de l'accord intervenu entre les Templiers d'une part, Marguerite de Bourbon, reine de Navarre et régente du comté de Champagne, Thibaud V, son fils et Isabelle de France, sa belle-fille, d'autre part, à la suite du différend existant entre eux sur les biens possédés par l'Ordre dans le comté de Champagne (juillet 1255).

 

Ce document constitue la dernière partie de l'accord intervenu entre l'ordre du Temple et le comte de Champagne dans la querelle qui était née entre eux depuis que Thibaud IV avait voulu, en 1228, soumettre les templiers au paiement de la main morte sur l'ensemble de ses fiefs. Le règlement définitif de l'affaire, négocié deux ans après la mort du Chansonnier et pendant la minorité de Thibaud V, permet aux templiers de conserver leurs biens sans qu'il leur soit désormais possible d'acquérir de nouveaux fiefs au détriment du comte.

 

L'acte, en français, est délivré par Renaud de Vichier (1250-1256), à la fois grand maître de l'Ordre et visiteur cismarin. Il est scellé de la boule du visiteur et du sceau du grand maître, à charge pour le comte Thibaud V de confirmer cet accord "dedanz l'an que il aura pleinement l'aministraction dou devant dit conté de Champaingne et de Brie […], en ceste meisme forme, seelées de son seel".

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dim.

25

août

2013

Le pape Célestin II octroie une indulgence aux bienfaiteurs du Temple (Latran, 9 janvier 1144).

TEMPLE DE PARIS
Bulle Milites Templi fulminée par Célestin II. Parchemin, 210 x 225mm (repli : 20mm) ; bulle de plomb pendant sur lacs de soie rouge. Paris, Arch. nat. L 227, n° 1.

Avec cette bulle dite Milites Templi (du nom des deux premiers mots du dispositif de l'acte) adressée aux archevêques, évêques, abbés et autres dignitaires de l'Église, le souverain pontife complète la protection déjà accordée au Temple par Innocent II en 1139.

 

Célestin II rappelle en quelques mots les objectifs de l'Ordre ;

"Les chevaliers de nouveau Temple de Jérusalem ont renoncé aux désirs séculiers et ont abandonné leurs biens propres ; prenant leur croix, ils ont suivi le Christ. Ils sont ceux par lesquels Dieu libère l'Église d'Orient de l'ordure des païens et combat les ennemis du nom du Christ…

Et ils défendent les pèlerins partant pour les Lieux Saints, à l'aller et

au retour, des attaques des païens".

 

Puis il en vient au fond du problème. Pour "accomplir une œuvre aussi sainte et pieuse", les Templiers n'ont pas suffisamment de moyens. Tous les fidèles qui les aideront et partageront leurs richesses avec eux bénéficieront d'une indulgence d'un septième sur les pénitences qu'ils ont encourues. Qui plus est, lorsque les Templiers collecteurs de ces dons arriveront dans une cité, un château ou un bourg placé en interdit, on pourra rouvrir une fois par an l'église du lieu et célébrer le service divin : un moyen de convaincre les hésitants !

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mar.

20

août

2013

Guillenc d'Aigremont évêque de Langres, confirme la donation au Temple du village de Bure faite par Païen de Bure lorsqu'il est devenu templier (1133).

TEMPLE DE PARIS
Parchemin, 380 x 320mm (repli : 15 mm) ; autrefois scellé. Arch. dép. Côte-d'Or, 111 H 1156

 

L'accueil de nouveaux ordres religieux dans leur diocèse et la vie spirituelle de leurs fidèles sont au cœur des préoccupations des prélats du XIIe siècle. Dans une charte précoce, délivrée du vivant d'Hugues de Payns, l'évêque de Langres, Guillenc d'Aigremont (1126-1136), rapporte comment Païen de Bure, "quittant la vie du siècle pour rejoindre la chevalerie du Christ du Temple du Seigneur à Jérusalem", s'est donné au Temple avec ses biens. Sur le conseil de son évêque et de ses amis, en présence du duc de Bourgogne Hugues II (1103-1143), avec l'accord de son frère Raimond de Bure et de son seigneur Renaud de Grancey, Païen cède le village de Bure et ses dépendances pour financer les expéditions militaires des Templiers.

C'est la première étape de la fondation de la plus ancienne commanderie bourguignonne, dont il subsiste en 2013, l'église romane et une pierre tombale templière.

 

Le sénéchal du Temple, Robert de Craon dit "le Bourguignon", issu du lignage des comtes de Nevers, est présent en personne pour recueillir l'approbation du seigneur Renaud de Grancey. Successeur d'Hugues de Payns à la tête de l'Ordre entre 1136 et 1149, il en devient le grand organisateur et lui fournit sa première règle en français.

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mer.

07

août

2013

Accord entre les Ordres du Temple et de l'Hôpital.

Parchemin, 179 x 184 mm (repli : 27 mm) ; scellé d'un fragment de sceau de cire verte sur double queue de parchemin. Arch. nat. S 4955, n°34 ; liasse 5, n°14.
Parchemin, 179 x 184 mm (repli : 27 mm) ; scellé d'un fragment de sceau de cire verte sur double queue de parchemin. Arch. nat. S 4955, n°34 ; liasse 5, n°14.

Hugues de Pairaud, Maître du Temple en France, notifie un accord avec l'Ordre de l'Hôpital concernant les biens de ce dernier à Troyes (Troyes, septembre 1293).

 

Hugues de Pairaud, originaire d'une famille noble du Forez,

est reçu dans l'Ordre du Temple en 1263, grâce à l'intervention de son oncle, Humbert de Pairaud, haut dignitaire de l'Ordre.

 

Successivement commandeur de Châlon, de Bonlieu, puis d'Épailly et de Bures, deux commanderies particulièrement importantes, il devient commandeur du Temple pour la province de France, vers 1290, puis visiteur de France. Arrêté à Poitiers avec quinze autres frères en 1307, il est conduit à Loches puis à Paris. Le 18 (ou 11) mars 1314, il est condamné à la prison à vie et mené à Montlhéry où il finit probablement ses jours.

 

Il notifie ici un accord intervenu entre le Temple et l'Hôpital à propos de biens appartenant à ce dernier à Troyes. Cet accord règle un litige né pour des édifices construits ou à construire dans une ruelle de la ville, où les deux Ordres possédaient des droits.

 

L’acte est scellé avec le sceau du maître de France, à l’effigie de la rotonde stylisée de l’église du Temple de Paris.

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ven.

02

août

2013

Raoul de Ressons donne une Terre au Temple à l'occasion de son entrée dans l'Ordre (Acre, avril 1192).

Parchemin, 125 x 155 mm (repli : 17 mm) ; autrefois scellé su sceau de Raoul 1er, comte de Soissons, appendu sur lacs de chanvre.Paris, Arch. nat. S 4952, n°37 ; liasse 2, n°5.
Parchemin, 125 x 155 mm (repli : 17 mm) ; autrefois scellé su sceau de Raoul 1er, comte de Soissons, appendu sur lacs de chanvre.Paris, Arch. nat. S 4952, n°37 ; liasse 2, n°5.

Le recrutement des combattants ne se tarit pas jusqu'à la fin de l'Ordre ; on en veut pour preuve le nombre significatif des jeunes chevaliers interrogés lors du procès. Mais ce sont les croisades qui favorisent les entrées au Temple grâce aux contacts noués en Terre Sainte. La troisième croisade, menée par Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, aboutit à la récupération de la ville d'Acre (12 juillet 1191) qui devient le nouveau siège du Temple. Le roi de France y est accompagné de nombreux chevaliers originaires du domaine capétien, tel ce Raoul de Ressons qui "abandonne le monde séculier pour prendre l'habit de la maison de la chevalerie du Temple" et se mettre au service de l'Ordre.

 

Se délester des richesses temporelles est l'un des vœux des Templiers. C'est pourquoi Raoul fait don d'une terre en aumône perpétuelle ; elle va rejoindre le patrimoine de la commanderie du Mont-de-Soissons, située à cinquante kilomètres à l'ouest de Reims. La charte reflète également le compagnonnage des chevaliers picards en expédition : le comte de Soissons, Raoul 1er, valide la donation de son sceau ; son jeune frère, Jean de Nesle, est à ses côtés ainsi qu'un frère templier, Guillaume de Ressons, issu du même village que la jeune recrue.

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dim.

28

juil.

2013

Jérusalem, la Ville Sainte assiégée.

Carte de jérusalem - 12ème siècle.
Carte de jérusalem - 12ème siècle.

Titre / dénomination : Carte de Jérusalem

Lieu de production : Cambrai (?), France

Date / période : Vers 1170

Matériaux et techniques : Parchemin, encres de couleur, rehauts de couleur

Dimensions : H. : 33,6 cm ; l. : 23,5 cm

Ville de conservation : Cambrai

Lieu de conservation : Médiathèque Municipale

Numéro d'inventaire : Ms. 437

 

Ce plan de Jérusalem réalisée au XIIe siècle est, pour l'époque, un document d'exception au vu de la précision des informations fournies : détails topographiques, localisation des Lieux Saints, mention des principales voies de circulation. 

 

Sur ce document, la ville de Jérusalem est représentée selon une forme losangique, ceinte par une muraille percée de cinq portes. De multiples annotations en latin précisent le nom des portes et des différents bâtiments, représentés de manière très détaillée. On peut également y lire des informations relatives à ce qui était alors l’histoire récente : sur le nord de la muraille, à côté d’une croix pattée rouge, la mention « ici la cité fut prise par les Francs » est une référence à la brèche par laquelle les armées franques pénétrèrent dans la ville en juillet 1099.

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mar.

09

juil.

2013

Ratification du traité de Paris par Raymond VII, le 12 avril 1229.

Taille du parchemin : 66 x 52 cm
Taille du parchemin : 66 x 52 cm. Original non accessible (conservé en réserve du musée)

 

Ratification du traité de Paris par Raymond VII, comte de Toulouse, qui abandonne au roi de France les sénéchaussées de Beaucaire et Carcassonne, et s'engage à marier sa fille unique et héritière Jeanne à l'un des frères de Louis IX.

 

Le comté de Toulouse ira aux enfants de ce mariage, et à défaut d'enfants, reviendra à la couronne.

 

Le traité définitif est signé à Paris, sur le parvis de Notre-Dame, devant Louis IX, sa mère la régente Blanche de Castille et le légat Romain de Saint-Ange. La "paix de l'Église et du Roi" met fin à la croisade albigeoise.

 

Acte en latin donné le 12 avril 1229, scellé d'un sceau de cire verte appendu sur lacs de soie vert.

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lun.

17

juin

2013

La Croisade Albigeoise : Hommage de Simon de Montfort à Philippe Auguste.

Paris, Archives nationales, AE II 209 (ancien J 980, n°18), supplément du Trésor des Chartres. Parchemin. 21.5 x 19 cm.
Paris, Archives nationales, AE II 209 (ancien J 980, n°18), supplément du Trésor des Chartres. Parchemin. 21.5 x 19 cm.

Au XIIe siècle, la doctrine Cathare, née en Bulgarie au Xe siècle, gagne le Midi de la France, où l'idéal de vie des "bons hommes", qui prêchent le renoncement aux biens de ce monde, fait beaucoup d'émules dans la population, et particulièrement parmi les oligarchies urbaines à Toulouse et Albi. Elle se fonde sur une mise en cause radicale des structures ecclésiastiques, amenant les autorités religieuses en place à multiplier les offensives pour lutter contre ce mouvement en pleine expansion.

 

Pour Raymond VI, comte de Toulouse, embrasser la foi des Cathares est un moyen d'affirmer son indépendance face au souverain pontife et au roi de France. Son hérésie sert de prétexte à Philippe Auguste pour lancer, contre lui et les provinces du Midi situées dans sa sphère d'influence, la "croisades des Albigeois", menée à partir de 1209 par Simon

de Montfort.

 

Cet hommage est rendu après la conquête du duché de Narbonne, du comté de Toulouse, de la vicomté de Béziers et de Carcassonne, qu'attribua Innocent III à Simon au concile de Latran de 1215.

 

Il inaugure, en rappelant la suzeraineté royale, l'emprise nouvelle de la royauté française sur les provinces du Sud-Ouest. Cependant, moins d'un an plus tard, Raymond VI reconquiert ses territoires perdus, et Simon de Montfort meurt, en 1218, au siège de Toulouse.

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jeu.

16

mai

2013

Interrogatoire des Templiers de la sénéchaussée de Carcassonne, le 13 novembre 1307

Cahier de papier. 26,5x 19 cm. Ecriture cursive.
Cahier de papier. 26.5 x 19 cm. Ecriture cursive.

L'Ordre du Temple, fondé en 1120 pour défendre la chrétienté en Terre Sainte, est devenu au début du XIVe siècle l'un des plus riches et des plus puissants de l'Occident chrétien. Ses statuts lui confèrent une grande indépendance - les Templiers sont notamment exemptés de justice épiscopale.

En outre, les dons et revenus dont il bénéficie, ainsi que les activités banquières qu'il pratique, ont fait des souverains européens, et particulièrement du roi de France, ses principaux débiteurs. C'est dans ces conditions que Philippe le Bel fait arrêter, le 13 octobre 1307, les Templiers de France. En ces temps de difficultés budgétaires, il entend ainsi effacer la lourde dette contractée auprès de l'Ordre et accessoirement faire main basse sur ses biens. Mis devant le fait accompli, le pape Clément V accepte d'entériner l'arrestation en ordonnant à l'Inquisition de mener une enquête sur les faits prétendus d'hérisie sur lesquels se fonde le roi de France.

A l'issue d'un procès au cours duquel nombre d'accusés reviennent

sur des aveux obtenus sous la torture, cinquante-quatre Templiers sont brûlés en 1310.

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