La malédiction des Templiers, entre légende et réalité

Le 18 (ou 11) mars 1314, Philippe le Bel envoie au bûcher Jacques de Molay, le maître de l'Ordre du Temple. La légende veut qu'au milieu des flammes, le maître ait maudit ses bourreaux. La triste fin des Capétiens semble donner corps à cette idée, à moins que leur infortune n'ait été elle-même à l'origine de la légende.

Confessions d'un Templier, T.3 - Les aveux du Grand Maître - © Soleil Prod. Temple de Paris
Confessions d'un Templier, T.3 - Les aveux du Grand Maître - © Soleil Prod.

 

Le plus ancien témoignage

 

Geoffroi de Paris, clerc à la chancellerie des rois de France, témoin des faits, rapporte les derniers mots de Jacques de Molay : "Seigneurs, au moins laissez-moi joindre un peu mes mains et vers Dieu faire oraison, car c'en est le temps et la saison : je vois ici mon jugement […] Dieu sait qui a tort et a péché : il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamné à tort. Dieu vengera notre mort ! Seigneurs, sachez qu'en vérité tous ceux qui nous sont contraires, par nous auront à souffrir. En cette foi, je veux mourir".

 

Toutefois, en dehors de ce témoignage, les sources

les plus anciennes parlent d'avantage de l'exécution massive des Templiers relaps en 1310. Ce n'est qu'à partir du XVIIe siècle que les écrits comme ceux de l'historien François de Mézeray (1610-1683) placent Jacques de Molay au centre de la légende : J'ai lu

que le Grand Maître n'ayant plus que la langue libre

et presque étouffée de fumée, dit à haute voix : "Clément, juge inique et cruel bourreau, je t'ajourne

à comparaître, dans quarante jours, devant le tribunal du Souverain Juge".

 

 

 

 

Une idée romanesque

 

Cette légende populaire fit son chemin. L'écrivain Maurice Druon en fait la trame de son célèbre roman - Les Rois maudits -, paru entre 1955 et 1957, qui fut adapté deux fois pour la télévision. Sous sa plume, 

la malédiction devient : "Pape Clément ! Chevalier Guillaume ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu'à la treizième générations de vos races !".

 

Quelquefois le hasard se mêle à l’histoire et engendre une légende…

 

Laissons le mot de la fin à Elisabeth Vonarburg :

« L'histoire n'est pas une science. Elle dépend trop des témoignages humains ».

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